Musée des Rites
Etudiants et du 
Bizutage


 

De quoi parle-t-on dans ce musée?

Notre vocation est de permettre d'acquérir une meilleure compréhension de ce que les rites étudiants signifient, pourquoi ils ont besoin d'une certaine forme de liberté et de violence encadrée, mais également de ce qu'ils ne sont pas. 

Aussi, nous évoquerons déjà les parties peu glorieuses de ces brimades, que nous analyserons à chaud et à froid, afin de déterminer comment celles-ci devraient être vécues pour ne plus être problématiques. Nous observerons aussi les aspects utiles et pleins d'abnégation de celles et ceux qui les pratiquent. 

Nous tenterons pareillement de placer en évidence les apports des rituels pour tout, ou partie de la communauté universitaire. 

Pour cela, nous distinguerons les différences entre les pratiques d'héritage magique ou religieuse, des actions coutumières que l'on associe trop souvent à des rites contemporains. Cela permettra de différentier le bizutage et le harcèlement social - qui sont trop souvent confondus.

Pouvoir permettre aux jeunes universitaires de vivre pleinement leur vie étudiante, et ses héritages du passé, sans outrepasser les limites morales et physiques d'aujourd'hui.
 


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Photo du site Bologna - Gaudeamus Igitur 2018

Croyances et certitudes : limites des sciences ou science des limites?

Lorsque l'on évoque les rites, de quelque nature soient-ils, nous parlons de pratiques magiques ou religieuses. 

Que nous n'y croyions plus de nos jours, car nous classons ces actions sous d'autres vocables tels que l'effet placebo, la science, ou l'imagination, il nous faut pourtant approcher le fonctionnement de ces outils, pour espérer appréhender la manière dont nos prédécesseurs comprenaient la vie et ses mystères.

Comprendre comment cela opère, rechercher des similitudes avec le passé, nous mène très rapidement plus loin que le simple cadre des étudiants. Il est pourtant indispensable d'y recourir pour prendre connaissance de ce qu'il se produit lorsque les rituels sont sollicités. 

Comprendre les aspects rituels au travers des mythes

Rétrospectivement, c'est la voie de l'ivresse qui va nous servir de fil rouge pour évoquer le phénomène des rituels étudiants. Dionysos ne sera pas le seul à nous donner des pistes à suivre, mais il est un bon point d'origine pour entamer une exploration minutieuse, et forcément non exhaustive. Car les rites d'initiation des jeunes citoyens grecs avaient pour pendants des rituels courotrophes féminins placés sous le patronage de Déméter, Artémis, Aphrodite. 

Les mythes, et mythologies sont l'expression sur lesquels l'archéologue des pratiques rituelles doit s'appuyer. En effet, il serait anachronique de calquer notre vision laïque à des communautés profondément religieuses. 

Il est tout autant dangereux de penser que, sous prétexte qu'une divinité possède les mêmes attributs que ceux d'une autre figure qu'on lui réfère au sein d'un syncrétisme, l'ensemble soit assimilable. Par l'exemple des rapprochements entre Ishtar au panthéon grec, nous pourrons percevoir que les pouvoirs se morcèlent et sont distribués à d'autres déités de plus ou moins plus basse importance. 

Des rites sous les auspices de Dionysos

"Beuvez tousjours, ne mourrez jamais" François Rabelais

 Que les traditions des étudiants soient comprises comme une réminiscence de cultes, ou comme une philosophie, ils sont toujours associés à la boisson alcoolisée, au sport, au théâtre et à l'écriture de chansons, à la musique et à la danse, à l'exhibition de symboles sexuels, au travestissement... L'ensemble de ces manifestations sont des symboles liés à la jeunesse grecque de l'antiquité, mais aussi attribués symboliquement à Dionysos. Le dieu du chaos fécondant est un formidable maître pour enseigner, par la marginalité, comment se conduire socialement. 

Les politiques intempérantes mises en place par Ségolène Royal, Valérie Pécresse, et Frédérique Vidal nous témoignent une volonté bienpensante, ne supportant plus les écarts liés aux études universitaires, ni les débordements sporadiques. Le chaos, même sous sa forme la plus atténuée, n'a plus le droit de cité. C'est le rejet des symboles de réaffirmation de la vie, et de la prospérité, mis en forme lors des cultes à mystères d'Eleusis, qui se voient mis de nos jours sur la sellette. 

Nous explorerons sur ce fil ce que nous nommons "La voie de Dionysos", en exprimant ses aspects les plus semblables aux différents rituels étudiants ayant encore cours, ou à ceux du passé dont nous avons pu retrouver la trace. 

Ce chemin remontant jusqu'aux origines de l'histoire humaine est enrichissant, car il témoigne de systèmes ayant fait leurs preuves. Suivre Dionysos, tout en ne perdant pas de vue l'équilibre avec Apollon, telle est la première tâche à accomplir lorsque l'on parvient à l'université, mais que l'on n'achève qu'en entrant dans le monde profane du travail.

Ce fonctionnement, lorsqu'il n'est pas entravé, permet l'épanouissement personnel pour qui veut y sacrifier. Comprendre comment fonctionne ce système équivaut à pouvoir influer sur ses procédures sans les dénaturer, et donc de réduire les risques d'accident. 

En suivant cette analyse, il faudra vous laisser guider par des concepts tenant parfois de la métaphysique, voire du chamanisme. Mais le récit est trop beau pour en faire l'abstraction, et permettra aux scientifiques de produire des avancées dans le raisonnement concernant l'accueil des nouveaux dans les établissements d'enseignement.

Apporter un autre regard sur l'actualité des pratiques

Avec la multiplication des ligues et comités produisant un jugement systématiquement négatifs sur les rituels d'accueil universitaires, et soutenus par une frange politique dont les meneurs sont eux-mêmes issus, il fut facile de tromper la population quant aux besoins réels auxquels répondent les pratiques de type bizutage. Que cela ne convienne pas à chacun, c'est entendu. La société a énormément évoluée depuis l'époque où la scolarité produisait de l'enseignement, et sanctionnait ceux qui ne parvenaient pas à acquérir la connaissance. Dans un même mouvement, les études universitaires se sont ouvertes à tous ceux qui sortaient du Lycée.

Notre positionnement n'est en aucun cas de nier ce qui arrive aux victimes, ni de le minimiser, mais bien de remédier au problème en connaissance des causes.  Or, le bizutage n'est pas ce que l'on tente de faire croire.

Dès lors, par l'éclairage de l'histoire et des objectifs rituels, nous pourrons mieux positionner ce qui est normalisé dans un contexte d'inversion (sans pour autant prendre parti sur le fait qu'à notre époque celle-ci soit toujours judicieuse), afin de parvenir à une meilleure  compréhension des aspects mis en lumière par la presse.

Ce ne sera qu'à ce prix que nous pourrons déterminer l'utilité de ces traditions. Comprendre pourquoi elles perdurent. Et dans un mouvement pendulaire, réaliser que la propagande émise par les mouvements de contestation de ces usages, refusent aux autres le droit à leur liberté de penser et de prendre des décisions personnelles. Leurs porte-paroles n'ont d'autres buts que de se donner un sentiment d'existence politique, fut-ce au détriment des principes démocratiques.

C'est pour cette raison que nous tenterons, dans cette rubrique, de donner accès à une autre vision. Celle-ci sera volontairement axée sur les pratiques douteuses ou martiales, et de qui les produit. Elle décryptera aussi l'information sur les rites de type bizutage, et à chaud, afin de pouvoir comprendre ce qui ressort ou non de la bonne pratique, de part et d'autre.

Découvrir les rituels étudiants par ce qu'ils produisent

Permettre de s'initier aux amusements étudiants, hors du cadre rituel peut être dangereux. Toutefois, ouvrir les horizons par des ateliers thématiques concernant les écritures de chants paillards, les  jeux d'esprit permettant de coder des messages, ou simplement apprendre en s'amusant. 

Divers ateliers didactiques vous seront proposés dans le futur.