Expression de la nudité rituelle chez les étudiants

Sexisme 
or not
sexime?

Faut-il penser systématiquement à une volonté sexiste lorsque l'on rencontre ce genre de phénomène? 

Dans un sens, l'humain est ainsi fait, que "se rincer l'œil" sera indéniablement au programme. Toutefois, ce n'est pas la volonté initiant ces faits sociaux. Nous les rencontrons  dans tous les rituels étudiants, et même ailleurs.

Aspects rituels

Le dénudement rituel survient souvent en début de la séquence de rites, ou à la fin, voire parfois aux deux extrémités du processus. 

Nous pouvons d'une part analyser que dans tout rite, on opère un décès, puis une naissance symbolique. Or, nous partons dans la mort dépouillé de tout, et notre dépouille charnelle devient dès lors inaccessible au commun des mortels. Seules les personnes habilitées  pourront y avoir accès. En ce sens, le dépouillement des vêtements marque de plein droit l'entrée en période de marge. 

Les personnes subissant cette contrainte sont dès lors intouchables.

Les hommes et les femmes deviennent asexués et rejoignent l'androgynie primordiale. Dans la vision concrète des choses, c'est une confrontation brutale du corps qui nous est personnel, intime, et celui des autres qui nous est étranger. Selon les rites et les lieux, femmes et hommes sont assemblés, ou dissociés. 

Protection rapprochée

Une veille est censée être opérée par les praticiens de la cérémonie pour se garder eux-mêmes, et veiller au bien-être des personnes dont ils ont la charge. Nous savons que cet aspect n'est pas toujours bien observé, et constitue dès lors une entorse aux traditions. Cette entorse est ce que l'on nomme communément une transgression, et se résout le plus souvent par des sanctions dites "folkloriques" de purification. 

Les dérapages

Mais, de plus en plus se font entendre des voix concernant des abus, où les rites de purification traditionnels n'offriront rien en termes de compensation à la victime. Nous observons déjà ici un second niveau de décrochage du rite. C'est le niveau charnière : soit la faute se règle en interne par une excommunication, un bannissement du fauteur de trouble, soit cela relève du pénal. 

Jusqu'ici, la mise en marge opérée faisait écho aux privilèges universitaires du Moyen-Âge, et relevaient de la juridiction souveraine du recteur, ou de la Bazoche.

Un lien corporatiste très puissant se crée dans ces cérémonies. Aussi, il existe souvent une période de tergiversation entre le choix du règlement de compte interne, ou la plainte. 

Comment réagir?

Nous ne saurions trop conseiller de porter plainte systématiquement, et conjointement avec la victime comme marque de prise en compte de son état et d'accompagnement de celui-ci.  Cela démontre un sens des responsabilités, et permet, le cas échéant, d'être soutenu également par un support psychologique.

En conclusion

L'apprentissage du "vivre ensemble"

La nudité se pose comme un acte de mort, de renaissance, et d'inclusion à la communauté déjà établie. 

Elle se montre comme une manière (parmi d'autres), de mettre tout le monde sur un même pied : "Nous sommes tous semblables, nous sommes tous égaux". 

Elle fait en sorte de briser les barrières de façon brutale pour permettre de gagner du temps : "Nous sommes tous passés par là, cela nous rapproche". Ce n'est pas dans l'aspect de connaître mieux ses pairs, ce qui n'a pas besoin de passer par un rituel pour s'obtenir, mais bien dans un soucis communautaire de fonctionner ensemble en supprimant rapidement les résidus de timidité face aux inconnus.

Les risques du rituel

Le rite magique ou religieux est potentiellement dangereux, et tout rite appartient forcément à cette catégorie.

La sensibilité humaine est variable, et tout individu n'est pas prêt à entrer dans le cadre rituel. Cela se prépare, et auparavant, seul le Recteur décidait, au terme du rite, de valider l'accès du matricule à l'université. C'est la raison pour laquelle cette tradition du bizutage se réalisait avec la complicité de l'institut d'enseignement, et était de facto obligatoire.

De nos jours, les limites ont bougées, se sont durcies, et l'individuel a pris le pas sur le communautaire.  L'humain fait moins preuve de résilience face à l'adversité et les rites se modifient en prenant en compte cet aspect, et la législation. Mais ces pratiques bougent lentement, et s'ajustent chaque année. 

Cela crée des zones de tension, et très rarement de rupture. Malheureusement, lorsqu'il y a un accident, celui-ci sera rarement anodin pour l'ensemble des raisons que nous venons d'exprimer.