Aborder les rites étudiants #02

Penser la jeunesse

Dans son ouvrage « Sociologie de la jeunesse » (Galland, 1997), Olivier Galland s’est penché pendant tout un chapitre sur la tentative de « comprendre comment la jeunesse a été pensée au cours de l’histoire, comment se sont construites, transformées et sédimentées les représentations qui vont aboutir à l’image  que nous nous formons d’elle ».  

Il n’y délimite pas volontairement son champ de recherche à la jeunesse élitiste, mais parce que les faits sont là, ce ne sera que tardivement que les dépourvus de noblesse, ou la bourgeoisie seront tolérés au sein de l’enseignement, et plus proche de nous encore pour l’ensemble des classes sociales. Nous ajouterons que ce ne sera qu’en 1861, que le genre féminin y sera reçu, et non sans difficultés. 

Olivier Galland circonscrit sa recherche au départ du Moyen Age, et reste par ce fait, dans la fiction d’un héritage français dépourvu de ce qui l’a précédé.

Au commencement du XIIe siècle, s’impose comme définition du mot jeune « qui n’a pas encore les qualités de la maturité ». 

A la fin du XVIe siècle, on évoque « jeunesse » pour signifier « étourderie, vivacité, folie, débauche ». Mais ces termes étaient à mettre en relation avec la notoriété d’un nom, d’un titre, dont il ne fallait pas écorner la « fama », le prestige…

Le premier constat d’olivier Galland est qu’à l’époque de Rabelais, le but de l’éducation, scolaire ou parentale, est de nature domestique, et non un moyen de « moraliser la société », ni de « répondre à une nécessité publique ». 

La vision des âges y est floue, et correspond plus au cycle de la vie : lorsque l’alpha n’est plus en état d’être garant de la sécurité de la cellule sociale dont il a la charge, il sera  évincé. La roue de fortune citée dans le texte « O Fortuna » des Carmina Burana correspond à la mentalité de ces périodes. Le cycle te hisse au sommet, et t’en fera redescendre.

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Bibliographie

Galland, O. (1997). Sociologie de la jeunesse. Paris: Armand Colin/Masson.