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2022 05 22 Procès des dirigeants du club Reuzegom 

Affaire Sanda Dia

Il ne faut pas se leurrer, il y aura un avant, et un après lors de la conclusion finale des procès liés au décès de Sanda Dia. Car il y a eu mort d’un jeune homme, parce qu’un soupçon de dureté supplémentaire a pu jouer un rôle non négligeable, parce que les parents du jeune homme ont raison de demander des comptes. 

Sanda Dia à Louvain, le 05 décembre 2018, vers 10h00.

Résumons

Au mois de décembre 2018, un club étudiant élitiste de Flandres, en Belgique, organise son traditionnel baptême. Dans le cadre de ce dernier, et classiquement,  les épreuves se déroulent en plusieurs temps, avec pour point d’orgue un baptême.

Sanda Dia, vendant des roses en ville lors d'une activité de baptême

Dérapage lié à l'alcool...

Or, ce jour-là, le drame survient par la plongée comateuse d’un des « schachten », dont les signes évidents de surdosage alcoolique sont évidents avant même de rejoindre le lieu du baptême. Dans les traditions que nous défendons, au stade d’ivresse que montre la vidéo de la chaîne VTM le 22 mai 2022, la personne serait déjà placée en sécurité, entourée de plus anciens veillant sur elle. L’un des aménagements sécuritaires possible serait une formation courte, mais obligatoire, sur la gestion des personnes saoules, les conduites à tenir dans ce cadre, comme dans la veille aux violences prodiguées par des aînés. Car, s’il est exact que dans la forme, un néophyte est en droit de refuser de pratiquer un acte, les anciens peuvent également le prendre mal, insister pour convaincre en pratiquant une forme de pression dont ils n’ont pas toujours la pleine conscience. En cela, les chartes concernant les traditions ont eues des effets bénéfiques, puisqu’un initiateur ne peut plus prétexter sa propre ivresse pour justifier ses débordements éventuels. Il reste toutefois un problème latent. Un responsable qui ne joue pas le jeu est difficilement remis sur la juste voie par les aînés. Cela, nous l’avons autant perçu au sein des rituels de Belgique que de France. 

Nous ignorons l’état d’esprit des membres du club Reuzegom en 2018, mais les images diffusées sont glaçantes. Nous percevons une personne couchée, sans réaction, sur laquelle quelqu’un semble uriner. Et il est probable que nous n’ayons pas vu les images les plus sordides, si les journalistes ont encore un peu de décence. Dès lors, alors que le procès à l’encontre des responsables les renvoie, sans trop de surprise, en correctionnelle, les parents intentent dès à présent un recours à la cour d’appel.

... ou actes de racisme?

La raison ? La juge a exprimé le fait que seul ce qui s’est passé le soir, et dans le lieu du baptême à Vorselaar, soit accepté dans le cadre du procès. Dès lors, ne seront pas pris en compte les images montrant l’état d’ébriété avancée de Sanda Dia, ni les événements laissant présumer d’un « traitement de faveur » en raison de la couleur de sa peau. 

Car, de notoriété publique, les membres de ce club valorisent volontiers les propos racistes et l'apologie des colonies belges.

L’omerta qui règne dans cette école traditionnelle, la richesse et la qualité des anciens membres, semble suggérer une forme d’ingérence, afin de réduire le jugement aux actes minimum. La procédure d’appel permettra de demander de replacer le soir de l’initiation au sein d’un contexte. Mais bien sûr, cela relance l’ensemble de la procédure à son point de départ, ou presque, mais obligera les autorités à fouiller en profondeur les données numériques saisies avec les ordinateurs.

 

Sources :