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Prévention du bizutage à Mbaya, au Gabon

Analyse des rites cités dans les articles 

Dans les pratiques connues des rituels étudiants, l’aspersion de farine est actée pour l’université Omar Bongo du Gabon, tout comme les chahuts en amphithéâtre.

D’autres actes existaient auparavant, et dont la rumeur courrait encore dans les années 1990 en Europe. La rétention, ou la propagation de copies frelatées, pour ceux qui se soustrayaient aux traditions. La rétention nous a été confirmée à l’université de Caen, au sein des cours de P1. Elle a disparu semble-t-il depuis la loi anti bizutage. 

Nous pouvons comprendre que se soient mis en place de telles manigances, afin de recruter plus de participants, et donne plus de panache au rituel par son ampleur.

De même, le vol d’argent des nouveaux, possède à son tour un précédent historique décrit par Thomas Platter (Platter, 2014). Il dût faire vivre son cousin et ses comparses, en pratiquant les larcins et la mendicité plutôt que de se rendre aux cours, et se contentant d’os à ronger. Cela se passait au XVIe siècle entre la Suisse et la France. Vivre en vagabond, en étranger, est souvent mal perçu et porte à vivre aussi d’expédients pas toujours très honnêtes. De même, selon Platter, les violences corporelles et les maltraitances étaient coutumières. Tel à Mbaya, où les meneurs se font aider des voyous des environs pour les dépouiller.

Utiliser les objets à contresens, comme dormir sous le lit est autant attesté en France, parmi les anciens rituels des Arts & Métiers. 

Le sport, et notamment les pompes, figurent dans les registres belges et portugais. Les sobriquets sont coutumiers également. Platter était béjaune, et son cousin Pennal. Le bleu de Belgique devient poil, ou plume s’il est de sexe féminin. Ainsi, les « "caciques" pour ceux de 2e année, "anciens" (3e année), "fossiles" (4e année), "momies" (5e année), "cosmos" (6e année), "univers" (7e année) et "esprits" au-delà », présentent bien une succession menant de la vie au trépas, du trépas à la vie universelle.

Il est dès lors malaisé de se placer comme arbitre. Toutes ces pratiques surviennent sans doute selon de multiples facteurs, y compris la corruption sociale. Car le racket à l’entrée des salles de cours n’est pas autre chose qu’une forme de banditisme. 

2022 USTM Mbaya : Crédit photo : http://lavoixdeceluiquicrie.org

Le feu aux poudres

Le Centre National des Œuvres Universitaires débute sa campagne de prévention par l’UTSM. Son choix, délibéré, débute par un disparu lors d’un rite de bizutage sur les bords de l’Ogooué. Partis à onze personnes, seules dix en sont revenues. Le corps n’a, à ce jour, pas été retrouvé. Les violences y augmentent de façon exponentielle depuis une dizaine d’années, au point que cela s’en ressente en termes d’inscriptions. De 1300 nouveaux en 2020, ils ne sont plus que 200 cette année. Il est temps pour le CNOU de réagir, et de permettre à l’université d’effectuer sa mission d’enseignement. Ainsi, est mise en place une cellule d’écoute et de veille au centre médical de l’université, ainsi que deux numéros d’appel à l’aide pour les victimes, ou les témoins d’anomalies (077 09 79 52 / 065 21 08 81). De l’affichage et des tracts complèteront le programme. 

Notre regret au sein du programme tient dans le choix des mots, qui appelle à la délation.

Appel à délation sur la page Facebook de l'USTM

Selon notre vision au sein du Musée des rites étudiants et du bizutage, les rituels existent pour répondre à des besoins individuels et sociaux ne pouvant être intégrés aux cadres scientifiques et techniques. Ils sont des atouts supplémentaires pour autant qu'ils respectent certains principes : les rites. 

Dès lors, même si par le passé il était d'usage de violenter, d'user d'abus de confiance, ou de s'emparer des biens des nouveaux, ces périodes sont révolues. Les sciences et techniques permettent de mieux vivre, et le respect d'autrui est devenu une norme réclamée mondialement.

La sociologie historique, et la sociologie des mythes permettent à présent de respecter une vision précise et dénuée de tourmente inutile. Que l'on se soumette volontairement au rituel pour s'éprouver, et réactualiser la vie sociale du groupe universitaire, est à nos yeux souhaitable. Que les meneurs du rituel soient formés et encadrés de garde-fous l'est tout autant. Si nous nommons cette praxis "la voie de Dionysos" n'est pas un retour au panthéisme grec, mais une image frappante de ce qu'il faut garder à l'esprit.

 

L'interdiction n'a jamais fonctionné, et la délation est un système de corruption.

 

2022 USTM Mbaya : Crédit photo : http://lavoixdeceluiquicrie.org

Les liens

Bibliographie

Platter, T. (2014). Ma vie. (E. Fick, Trad.) Lausanne: Editions L'Age d'Homme. Consulté le 03 2022