Musée des rites étudiants et du Bizutage

Besoin d'un guide?

Pourquoi créer un tel musée?

La première question à vous poser serait : 

" Vous poseriez-vous ce type de question en visitant un musée de la torture? "

Photo du site Bologna - Gaudeamus Igitur 2018

Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Il y a juste un stade où la curiosité, innée à l'être humain, la même qui nous fait ralentir en voiture pour regarder l'accident de la voie d'en face, ne nous paraît morbide qu'au-delà du contexte où il survient. Cet appétence pour ce qui nous fait frissonner est un outil archaïque de la nature humaine, chasser ou être chassé, mais identifier ce qui nous entoure afin de pouvoir réagir.

C'est, par voie de conséquences, un besoin vital de comprendre les phénomènes que nous observons dans notre vie, afin d'en identifier la teneur. Est-ce positif pour nous, ou plutôt négatif? Est-ce que l'on peut utiliser l'objet de notre attention pour en réaliser un outil qui rende ce phénomène positif?  Par quels moyens y parvenir?

Nous entrons directement, et sans nous en rendre compte, dans ...
 

un processus d'analyse 

C'est très exactement l'approche que nous aurons à l'esprit en visitant ce musée dédié aux rites étudiants, et au bizutage. 

Au sujet des phénomènes de type bizutage, nous entendons tout et son contraire. Est-ce vraiment lié à une forme particulière du syndrome de Stockholm que les acteurs de ces pratiques tiennent à les préserver? A moins que l'ensemble de ces individus soient tous des sadiques en puissance? 

Mais comment ignorer les sourires identifiés sur les photographies par Anibal Frias? De quelle façon escamoter le témoignage de ceux qui l'ont subi et expriment les apports qu'ils en ont retiré? Comment peut-on prétendre de nos universitaires, et principalement dans les études les plus longues ou les plus contraignantes, qu'ils ne puissent s'adonner de façon condensée à des pratiques qu'ils n'ont pas l'occasion de vivre autrement, tant leur cursus est dense? Que faire des rites de mariages endogames perçus par Dominique Blanc?  Tout comme de l'affranchissement du système des familles individuelles, révélé par le même auteur, s'accompagnant d'un rite d'agrégation, exprimé par Pierre Bourdieu. 

Or, c'est bien là le nœud prétendument gordien du phénomène. En effet, il semble serré sans espoir de le défaire autrement que par une action radicale, telle que légiférer sur la problématique. Or, pour qui comprend le principe des nœuds, il y a toujours des brins qui possèdent du jeu, qui permettent le mouvement. C'est précisément ce que nous tentons de faire dans ce musée. 

Si l'on parle d'agrégation, c'est de quelle nature? Le système de caste d'héritiers, s'il fut valide du temps de Pierre Bourdieu, n'est plus autant de mise actuellement. Nous pouvons y percevoir l'adhésion d'un groupe par un autre, mais plusieurs finalités coexistent. Messieurs Dilip Subramanian et Jean-Baptiste Suquet proposent par exemple l'acculturation du groupe préformé à celui des nouveaux arrivants, mais surtout, tentent de les recruter au sein des différentes associations étudiantes de l'établissement. Comme on peut le constater, nous n'avons que débroussaillé le terrain de recherche.
 

Appel à nous rejoindre bénévolement

Nous invitons à nous rejoindre toute personne, qu'elles soient doctorantes, en Master, étant en lien ou non avec les cérémoniels des universités, de France, de Belgique, ou en relation internationale avec ces sujets, ayant envie de travailler selon l'angle de vue que toute société possède sa logique, que les organisations pratiquant des actions de cet ordre possèdent la leur, et que celle-ci doit être intégrée à l'équation, à venir nous rejoindre. 

Nos méthodes

La première approche se fera par les pièces d'archive. Qu'il s'agisse de photographies, de gravures, de dessins, de textes, d'objets, de témoignages, c'est avant toute chose un parcours d'archéologie. Chaque élément est important, et rien ne doit être rejeté sans raisons valables. Que l'action se passe en première année d'étude, ou à la fin du parcours universitaire, il est bien possible que l'ensemble soit lié, comme une mise en marge de la société qui durerait non pas un semestre, ou une année, mais sur l'ensemble du chemin vers la professionnalisation. Car, s'il est bien une constante du système des études supérieures, c'est la préparation à une insertion professionnelle. 

A titre d'exemple, un étudiant se prend par exemple d'une idée facétieuse et crée une action, un mode opératoire, ou donne une signification arbitraire à un objet, il faut d'abord examiner la situation sans a priori pour déterminer s'il s'agit d'une action unique, ou qui donnera, ou a donné naissance à des pratiques similaires. C'est par exemple le cas de...

L'"armelle"  

Dans la ville de Caen, les faluchards ayant "enterré" leur faluche - en d'autres mots, qui ont stoppé leur parcours étudiant et décidé de figer leur faluche pour la suite de leur vie, portent un pompon marron nommé l'armelle. Il s'agit du vrai prénom de sa créatrice, et cela se perpétue comme une particularité de ville depuis des années.   

Nous constatons bien ici que c'est au moment de se professionnaliser que l'étudiant enterre sa coiffe symboliquement, et quitte de fait la période de marginalisation.
 

Nos approches

Au sein du musée, nous tenterons de procéder à une étude systémique sur plusieurs terrains. 

Approche par les pièces et artéfacts

Cela pré suppose un énorme travail en amont pour retrouver le plus d'informations possibles sur les objets d'étude.

  • Description de l'objet (taille, poids, matériaux, date approximative ou réelle, conditions de l'obtention de l'objet, ...)
  • Ce que nous pouvons déduire de ces éléments d'un point de vue codification étudiante
  • Ce que l'objet nous apporte comme éléments d'un point de vue Sciences Humaines et Sociales
  • Ce que le passé peut nous révéler, permettant des corrélations entre le présent et les pratiques d'antan
  • Ce que l'ensemble nous permet de conclure
  • Cet objet permet-il une approche syncrétique et comment?
Approche par syncrétismes

Longtemps perçus par les auteurs, depuis le XIXe siècle, comme des survivances syncrétiques des cérémonies processionnelles du culte d'Eleusis, les monômes et carnavals des étudiants nous donnent l'occasion de tenter une approche liée aux cultes agraires de la vie et de la mort. Cette approche révèle une hypothèse de travail permettant de mieux comprendre les fonctions des rituels.

  • Sont explorés les aspects anthropologiques
  • Sont explorés les aspects ethnologiques
  • Sont explorés les aspects sociologiques
  • Sont comparés avec les cultes jusqu'aux prémisses des apprentissages de l'écriture.
  • Sont explorés les cultes présentant des particularités semblables aux phénomènes de type bizutage
  • Est dressé un inventaire de ces cultes syncrétiques
  • Sont comparées les données des cultes syncrétiques, et des pratiques de type bizutage pour en extraire la logique d'action
Approche par l'encadrement

Au terme de notre parcours, nous avons acquis une expertise qui a l'avantage de prendre en compte les différentes opinions, positives et négatives, et de les passer au prisme d'un protocole nommé "la voie de Dionysos". 

Visiter le musée des rites étudiants et du bizutage offre un nouveau regard, où se perçoivent les enjeux pour lesquels les universités ont, dès leur origine, institué les deposito, ces bizutages du moyen-âge. La formation est professionnalisante, et amorce le travail, tout comme la promotion sociale des apprentis compagnons du devoir. Car si les pratiques se sont diluées au fil des années, elles possèdent toutes un tronc commun, et l'on retrouve chez les uns ce que d'autres ont abandonné en route. C'est aussi la raison pour laquelle les pires comportements, ceux qui reviennent chaque année au sein des mêmes types d'établissements, sont des institutions jeunes, de nouvelles disciplines n'ayant jamais eu cours avant la Révolution de 1789, et n'ayant donc jamais eu accès à ces informations des origines, dont ils ne font que singer les pratiques sans les comprendre. 

Il est donc indispensable que le Ministère de l'éducation, tout comme les universités, de Paris et d'ailleurs, prennent acte des possibilités qu'offre notre approche. Que les IUT, les UFR, ou les autres centres de formation pour jeunes adultes ouvrent plus leur campus aux aspects rituels, et les fassent accompagner par des personnes formées à comprendre ce qui ressort du rituel de ce qui n'est que de l'humiliation. 

Nous proposerons à terme des formations dédiées aux universités et aux établissements d'enseignement supérieur, afin de préserver en toute sécurité et avec bienveillance, la vie étudiante. 

Si vous désirez être recontacté le moment venu, veuillez nous l'indiquer.  

Approche par l'art

Les artistes et les étudiants ont toujours eu une vie semblable, celle que Murger nommera "La vie de Bohème". Qu'ils soient littéraires, graveurs, peintres, dessinateurs de bande dessinées, plusieurs artistes ont accompagné la vie des universitaires, et inversément. C'est une nouvelle approche de l'histoire de l'art qui se profile.